Retour sur une conférence « exceptionnelle » et « excellente »

« Exceptionnelle » et « excellente », tels ont été les mots employés par plusieurs personnes venues écouter la conférence que Philippe Defeyt, économiste, nous a proposée, le 31 mars dernier, sur le thème de « L’allocation universelle : utopie ou solution d’avenir ? ». Il est vrai que cette thématique ne laisse, en général, pas indifférent et cette soirée a permis de le prouver si nécessaire, au vu de la présence de nombreuses personnes et du feu nourri de questions qui a suivi la très intéressante présentation de Philippe Defeyt.

Pendant près de deux heures, ce dernier nous a présenté ses idées concernant l’allocation universelle. Tout d’abord, pourquoi instaurer un nouveau système de protection sociale ? Parce que, à ses yeux, notre système de redistribution des revenus ne permet plus de répondre suffisamment à huit défis que rencontrent les citoyens : la complexité des règles du système, les contrôles de la vie privée qu’il entraîne, les pièges financiers qui pénalisent ceux qui trouvent ou retrouvent un emploi, l’inefficacité de la lutte contre la pauvreté, l’insuffisance du soutien aux porteurs de projet, la volonté de certains travailleurs d’aménager ou de réduire leur temps de travail, les difficultés vécues lors des périodes de transition et enfin, celles liées à la coexistence de statuts différents.

Ce constat amène Philippe Defeyt à proposer un nouveau modèle de protection sociale dont le point de départ est l’octroi d’un revenu socle inconditionnel de 600 €/mois par adulte et de 300 €/mois par enfant. Ce revenu serait un socle, c’est-à-dire que d’autres revenus pourraient s’y ajouter. Il serait aussi inconditionnel, ce qui signifie qu’aucune condition ne devrait être remplie pour l’obtenir et qu’aucun changement de statut n’aurait une influence sur celui-ci. Parallèlement, Philippe Defeyt propose d’établir des assurances contre les risques de la vie : assurance chômage, assurance maladie et assurance retraite. Dans son modèle, les allocations pour personnes handicapées et le système actuel des soins de santé resteraient les mêmes. Il a calculé que les dépenses totales de « son » revenu de base se monteraient à 73 milliards d’euros, auxquels il faudrait rajouter le coût des prestations sociales (chômage, pensions…) pour les personnes concernées, soit environ 30 milliards d’euros. Pour financer ces 103 milliards d’euros, il propose des mesures détaillées dans le document Un revenu de base pour chacun, plus d’autonomie pour tous, document qui pourra apporter d’autres précisions et qui répondra à plusieurs autres questions.

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